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dimanche 17 février 2013

Un NAS maison avec OpenMediaVault (2ème partie)

Maintenant que le décor a été planté, passons aux choses sérieuses : l'installation et la configuration du système...

Pour les besoins de la démonstration, et pour que tu aies des jolies images, je vais faire ça dans une machine virtuelle... c'est pas que je t'aime pas lecteur, mais je n'ai pas envie de monter un deuxième NAS (sauf si tu me le finances, paypal est mon ami).

Il y a beaucoup de documentation disponible sur Internet, mais quasiment aucune en français... et bien souvent, celle que l'on trouve est incomplète.

1. Préparation de l'installation


Pour commencer, tu débranches le disque dur du futur NAS (pour l'instant, il ne nous sert à rien) et tu insères ta clé USB dans un des ports à l'arrière (ils sont réputés plus stables... va savoir pourquoi ? ).
Attention, la clé devra maintenant rester attachée à cette machine, puisque nous allons y installer le système d'exploitation (Et, au passage, on va la formater... donc n'y laisse pas les photos du chien, des gosses...).
Un écran, un clavier...


On va partir du principe que tu as déjà téléchargé l'image ISO d'OpenMediaVault. A partir de là, deux solutions :

  • Si tu as un lecteur de CD/DVD sur ton futur-NAS, graver un CD-R de cette image à l'aide de ton logiciel favori
  • Si comme moi tu n'en as pas, créer une clé USB bootable à partir de l'image ISO
    • Sous Windows, on utilise uNetBootIn
    • Sous Linux, un peu de ligne de commande :

#fdisk -l
//permet de lister les disques et de repérer sa clé USB (par exemple /dev/sdb)
#dd if=/'chemin_de_xyz.iso' of=/dev/sdb
//attention, violent, ne pas se tromper


2. L'installation du système d'exploitation


Après t'être assuré que la clé USB qui servira de support au système d'exploitation est bien en place, tu démarres, en choisissant dans le BIOS le lecteur optique ou la clé USB (en général avec F12 au démarrage).

Et là :


L'installeur se pilote entièrement au clavier, pas besoin de souris.
Tu fais "Entrée" sur Install et tu réponds aux questions que te pose la machine (en général, les réponses présélectionnées sont les bonnes).
Comme il n'y a normalement que la clé USB, l'installeur va te proposer la bonne solution pour sélectionner le disque de destination.


Tu n'oublies pas de noter ton mot de passe pour le compte root, bien entendu.


Après quelques beaux écrans de chargement, d'installation, de configuration qu'il n'est pas vraiment utile de décrire... c'est fini...



Il reste donc tout simplement à redémarrer la machine après avoir retiré le CD ou la clé USB sur laquelle on a gravé l'ISO.

On peut alors voir que le démarrage d'OpenMediaVault est géré par GRUB. Inutile d'intervenir, c'est automatique.


Et quelques secondes plus tard, le NAS nouvellement installé est démarré. Le terminal te demande d'entrer un login.


Tu remarqueras la ligne

eth0: 192.168.0.xxx

C'est l'adresse IP de ton nouveau serveur NAS.
On n'en a pas parlé, mais il faut penser à configurer ta box pour que le NAS ait toujours la même adresse IP. Comme je ne sais pas ce que tu as comme matériel chez toi, je t'invite à consulter la documentation.

Tu vas maintenant éteindre la machine pour brancher le disque dur qui servira au stockage des données.
login: root
password: tonmotdepasse
#shutdown -h now


3. Configuration


Comme tu as bien noté l'IP de ton NAS tout neuf et que tu as branché ton gigantesque disque dur, tu peux maintenant redémarrer la bête. Si tu trouves ça rassurant, laisse l'écran branché mais on n'en aura pas besoin.

Dès que le NAS est démarré, sur ton ordinateur habituel (celui équipé d'un écran, d'un clavier et d'une souris) , tu ouvres ton navigateur favori (si c'est Internet Explorer, tu commences par télécharger Firefox) et tu te connectes à l'interface d'administration. Rien de plus simple :
Dans la barre d'adresse, tu entres l'adresse IP du NAS : 192.168.0.xxx ... et là, miracle :


Tu choisis la langue de l'interface (avant que tu demandes, le Magyar c'est du Hongrois), le login est "admin" et le mot de passe par défaut "openmediavault".

Et on accède ensuite à l'interface à proprement parler : un menu dans la colonne de gauche et une zone de travail à droite. C'est propre et clair. 


La première chose à faire est de changer le mot de passe de l'administrateur (qui concerne uniquement cette interface) dans :
Système > Paramètres généraux > Sécurité Administrateur

Il faut également modifier le nom d'hôte et de domaine.
Système > Réseau > Général
Le nom de l'hôte est le nom de la machine sur le domaine (en clair), du genre : NASDETOTO.
Le nom de domaine est le nom du réseau Windows (par défaut WORKGROUP).

On va maintenant pouvoir attaquer les étapes de la configuration.

3.1 Créer un utilisateur

Gestion des droits d'accès > Utilisateur > Ajouter


  • Remplis les champs
  • Pour le shell, sélectionne "/bin/bash"
  • Dans Groupes, "users" doit être sélectionné... tu peux aussi cocher "ssh", ça servira plus tard. 


Tu peux créer d'autres utilisateurs, si le besoin s'en fait sentir. 

3.2 Créer un groupe 

En cas de création de plusieurs utilisateurs, il peut être utile de créer un groupe "partage", dont tous les membres auront accès aux partages du NAS. Ça simplifie les choses... 

Gestion des droits d'accès > Groupes > Ajouter 

  • On lui donne un nom
  • On sélectionne les utilisateurs qui en feront partie

3.3 Configurer le disque de stockage

Dans un premier temps, on vérifie que tous les disques sont bien reconnus.
Stockage > Disques Physiques
Tous les disques installés doivent apparaître, y compris la clé USB sur laquelle est installé le système. 


Si ce n'est pas le cas, clique sur "Rechercher"... et si ça ne marche toujours pas, il y a un problème (j'ai pas mieux en stock, désolé).
Le bouton "Modifier" te permet de paramétrer le disque sélectionné (gestion d'énergie, SMART...).

Ensuite, il te faut formater le disque.
Stockage > Systèmes de fichiers > Créer



  • Périphérique : le disque à formater
  • Libellé : le nom que portera le disque
  • Système de fichiers : personnellement, j'ai une préférence pour l'EXT4
  • Et tu valides pour formater (attention, ça peut prendre un certain temps).

Une fois cette opération réalisée, le disque apparaît dans le menu, avec le status "En ligne". Il ne reste plus qu'à cliquer sur "Monter". Comme par magie, les infos détaillées apparaissent alors (ah... la technologie...).




3.4 Définir les partages

Les partages des dossiers se faits en plusieurs opérations :
Gestion des droits d'accès > Dossiers partagés > Ajouter


On va donc créer un dossier qui fera par la suite l'objet du partage.

  • Nom : le nom (c'est bête, mais c'est comme ça)
  • Volume : on choisit le disque sur lequel sera créé le répertoire
  • Chemin d'accès : c'est le chemin vers le dossier. Si il n'existe pas encore, on l'entre directement... par exemple "PHOTOS"
  • Permissions : permet de définir le droits de chacun. Si le dossier doit être accessible à tout le monde, on choisit la dernière option.


Le nouveau dossier apparaît alors dans le menu.Tu le sélectionnes donc en cliquant sur la ligne.



Gestion des droits d'accès > Dossiers partagés > Privilèges

Comme on a créé un groupe "Partage", on lui donne les droits en lecture et en écriture sur le dossier sélectionné.

Gestion des droits d'accès > Dossiers partagés > ACL

C'est une gestion plus fine des partages.



On donne les droits de Lecture/Écriture au groupe "Partage". On peut également attribuer des droits à d'autres utilisateurs.
Si on est très partageur, dans "Autres", on met "Lecture/Écriture".
Cocher "Remplace" et "Récursif".


3.5 Activation et configuration de SAMBA :


NON ! On ne va pas apprendre à danser ! (ok, elle est très mauvaise...)
SAMBA est destiné à permettre aux machines sous Windows d'accéder aux différents partages.

Services > SMB/CIFS > Paramètres



  • Activer : tu coches (autrement, on est là pour rien...)
  • Groupe de travail : doit normalement correspondre à celui défini au départ
  • Explorateur maître : coché
  • Activer le partage des répertoires personnels : chacun fait ce qu'il veut...
  • Navigable : coché
  • Sans mot de passe : chez moi, il est coché, mon réseau local est sécurisé, tous ceux qui se connectent peuvent donc avoir accès.
Tu peux ensuite valider.

Services > SMB/CIFS > Partages



  • Nom : le nom qui apparaîtra sur le réseau
  • Dossier partagé : tu sélectionnes le dossier (ici Photos, créé précédemment) 
  • Public : l'accès au dossier ne nécessite alors plus de mot de passe
  • Navigable : coché
  • Hériter des ACL : coché
  • Hériter des autorisations : coché

Et tu valides pour finir.

4. C'est fini


Oui, c'est bel et bien fini.
Ton nouveau NAS est configuré, du moins pour sa fonction principale, à savoir disposer d'un espace de stockage sur le réseau.
Tu as bien entendu la possibilité d'ajouter de nouveaux utilisateurs ou de créer de nouveaux partages (par exemple un dossier VIDEO).


5. Et la suite ?


Dans le prochain épisode, tu vas apprendre :

  • à faire les mises à jours de OpenMediaVault
  • à gérer les plugins et en installer de nouveaux
  • à configurer le SSH, pour prendre le contrôle de ton NAS à distance, dans un terminal (on fera même un peu de SSH, pour s'amuser...)
  • à utiliser le protocole DLNA (de deux manières différentes) pour avoir du multimédia partout dans ta maison

samedi 16 février 2013

Un NAS maison avec OpenMediaVault (1ère partie)

Depuis quelque temps déjà, j'avais recyclé un vieil ordinateur en "pseudo-serveur" sous GNU/Linux.
Le but : Avoir un espace de stockage sur mon réseau local et utiliser le protocole DLNA pour écouter ma musique sur tous mes périphériques connectés.

Si l'idée était bonne au départ, l'utilisation d'une distribution GNU/Linux "basique" (Ubuntu, pour ne pas la citer) a rapidement montré ses limites : lourdeur, quasi obligation d'y adjoindre un écran/clavier/souris et gestion à distance de la bête assez difficile (presque uniquement en SSH).

J'ai donc pris le parti de transformer cette machine en un simple serveur NAS. Et je vais t'expliquer comment !




C'est quoi un NAS ? 


Je ne vais pas te recopier bêtement un article de Wikipedia. 
NAS est l'acronyme de Network Attached Storage. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il s'agit d'un matériel réseau principalement destiné à stocker des fichiers et qui peut être accessible par l'ensemble des matériels connectés à ce même réseau.

On peut également lui donner d'autres fonctions : 
- serveur DLNA : pour regarder des vidéos ou écouter de la musique sur les périphériques compatibles connectés au réseau ;
- serveur d'impression : on branche son imprimante dessus et on imprime depuis tous les postes connectés ;
- client Bittorrent : pour télécharger tes distros Linux favorites ;
- serveur FTP : pour déposer pleins de trucs dessus et les retrouver depuis ailleurs, loin, à l'autre bout du monde. 

La majeure partie des NAS fonctionne sous GNU/Linux ou FreeBSD (une rumeur fait état de personnes qui montent des NAS sous Windows XP... hum... ). 

Tu peux en acheter un tout fait ou fabriquer le tien (et c'est quand même un peu l'intérêt ici, non ? ).




Le choix du matériel.


Me concernant, le choix du matériel a été rapide : recyclage de l'ancienne unité centrale et acquisition d'un nouveau disque dur, histoire de gagner un peu d'espace. On se retrouve donc avec : 

- 1 Boîtier ASUS Pundit M3A-3200 (un barebone pré-équipé d'une carte mère ASUS)
- 1 Processeur AMD Athlon 64 X2 à 2,7 GHz
- 2 Go de RAM DDR2
- 1 disque dur Seagate ST2000DM0001 SATA de 2 To (certainement le meilleur rapport qualité prix pour du 7200 tours/minute)
- 1 clé USB de 8 Go qui servira de support au système d'exploitation (j'ai opté pour une SanDisk Cruzer Fit qui dépasse à peine du port USB)

Et c'est tout ! 
Investissement : 80 euros pour le disque dur et 8 euros pour la clé USB. 

Ici, pas de clavier, pas de souris et pas d'écran. Pour l'installation, on utilisera ceux de l'ordinateur fixe. 
Comme tu le remarques, il n'y aura qu'un seul disque dur (je reçois les dons par Paypal pour acheter le second, merci :D ), donc pas d'utilisation du RAID. 


Le choix du système.

Il existe un nombre assez important d'OS adaptés pour monter son propre NAS. On peut donc vraiment parler ici de choix.

Ma première "pré-sélection"  : 
- FreeNAS
- OpenFiler
- OpenMediaVault

Après quelques tests en machine virtuelle, mon choix s'est finalement porté sur OpenMediaVault. 
Plusieurs raison à cela : 
- Distribution GNU/Linux Debian, et ça, je maîtrise
- Interface graphique web plutôt bien faite
- Gestion simple des disques et des partages
- Système de plugins qui évitent de passer par la ligne de commande (les puristes vont maudire ma descendance) 
- Gestionnaire de mise à jour depuis l'interface web
- Serveur FTP
- Client Bittorrent

Le téléchargement se passe par ICI.
La dernière version est la 0.4. Choisis l'image ISO adapatée à ton processeur (i386 pour les processeurs 32 bits, AMD64 pour les 64 bits). 



Le prochain épisode

Dans le prochain épisode, ami lecteur, tu vas apprendre à installer OpenMediaVault et à le configurer pour accéder à ton NAS sur ton réseau, dans ta maison, ton appartement, la niche de ton chien, et même depuis dehors en Wifi... 
Et si tu es gentil, il y aura un troisième épisode pour t'expliquer comment installer des trucs sympas, en plus, comme ça, gratos.